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Prestation Drone RTS Mise au point Le Solaire

Prise de vue aérienne au drone pour la RTS,  Mise au point Le Solaire

Certains agriculteurs ont investi des centaines de milliers de francs dans des panneaux solaires, espérant toucher l'aide financière de la Confédération. Victime de son succès, le programme compte cependant 35'000 projets en attente.

En 2009, l'avenir du photovoltaïque s'annonce sous un soleil radieux en Suisse. Cette année-là, la Confédération lance son programme destiné à favoriser le démarrage de l'énergie solaire: la rétribution à prix coûtant du courant injecté (RPC), qui expirera en 2022.

Derrière son appellation barbare, ce système garantit aux producteurs la reprise, à un prix fixe et pour une durée de 25 ans, du courant qu'ils injectent dans le réseau électrique. Au sein de la population, l'enthousiasme est grand et les demandes ne cessent de croître.

Avec leurs toitures de grandes surfaces, les agriculteurs figurent naturellement parmi les plus intéressés par cette perspective. Nombreux sont ceux qui y voient une manière de diversifier leurs revenus.

Mais, victime de son succès, le système se grippe rapidement. Faute de moyens financiers suffisants, la liste d'attente pour bénéficier de la RPC ne cesse de s'allonger. A l'heure actuelle, près de 35'000 projets piétinent, dont 5000 concernent des exploitations agricoles, selon l'Union suisse des paysans.

Prix du marché

Parmi les installations en attente d'une aide, on retrouve celle d'une poignée d'habitants du petit village de Penthéréaz, dans le Gros-de-Vaud. En 2012, ils décident de fixer 1800 mètres carrés de panneaux solaires sur les toits de certaines exploitations agricoles pour un montant total de 600'000 francs.

"Le but c'était que Penthéréaz soit indépendant en énergie électrique. Si on arrivait à couvrir les 6000 mètres carrés de nos hangars, on aurait même été en surplus", explique Jean-Luc Portmann, président de Penthéréaz Energie Photovoltaïque SA.

Lorsqu'ils se lancent, les membres de la petite société espèrent surtout rentrer dans leurs frais en vendant leur courant 30 centimes le kilowatt grâce à la RPC. Six ans plus tard cependant, ils n’ont touché aucun centime de subvention et doivent se contenter de vendre leur électricité au prix du marché, soit 9 centimes le kilowatt.

Investissement sans garantie

A Corserey (FR), Philippe Chatagny a lui aussi emprunté 600'000 francs à la fin 2015 afin de financer son installation, sans aucune garantie de pouvoir bénéficier de la RPC. Il a depuis appris qu'il la toucherait à un tarif moindre que ce qu'il avait planifié mais se défend d'avoir été imprudent.

"La banque nous dit que c'est un bon projet. Le service de l'agriculture nous dit que c'est un bon projet. On a tous les signaux qui sont au vert, on ne veut quand même pas dire non. On est des centaines à avoir cru en cela", s'exclame celui qui préside l'association des Déçus de la RPC.

Du côté de la Confédération pourtant, on se défend d'avoir floué quiconque. "Je comprends que ces gens puissent se sentir trompés ou trahis, mais je ne pense pas obligatoirement que ce sentiment doive être retourné contre l'Office fédéral de l'énergie (OFEN)", indique Fabien Lüthi.

"Je pense qu'ils ont été victimes d'une ambiance autour du photovoltaïque qui a été très rapide et euphorique. (...) Ils ont peut-être ignoré les alertes qui disaient 'n'installez pas avant d'avoir une garantie concernant votre subvention", poursuit le porte-parole de l'OFEN.

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